07/10/2016

Le 6 octobre 2016, la Fondation Pierre Fabre a organisé à Lavaur une conférence sur les enjeux de la lutte contre le faux médicament en Afrique et en Asie.

Cette conférence a permis d’apporter un éclairage scientifique sur le scandale des faux médicaments dans les pays du Sud.

1 médicament sur 10 en circulation serait falsifié, causant d’après les estimations 800 000 morts par an. Ce trafic serait même la source la plus lucrative du crime organisé, rapportant davantage que la drogue.

La qualité et la sécurité du médicament font débat, plus particulièrement dans les pays en développement les moins avancés qui ne représentent que 2 % des dépenses mondiales de santé. Les défaillances de la chaine du médicament y sont amplifiées par un nombre croissant de médicaments falsifiés. En 2009, l’OMS a audité 22 Agences nationales de régulation du médicament ; seules 3 ont pu répondre avec satisfaction au crible d’audit de critères multifactoriels d’évaluation.

La falsification, hautement lucrative, représente selon l’OMS 15 % du marché mondial du médicament avec une stigmatisation africaine importante qui selon les pays peut varier de 30 à 70 % des marchés nationaux. A côté des initiatives répressives à vertu d’exemple, l’appareil juridique se met progressivement en place avec notamment, parmi de nombreuses initiatives, la convention MEDICRIME. Les volets répressifs de ces juridictions restent cependant bien souvent à développer. 

Au cours de ce colloque, différentes initiatives législatives et/ou réglementaires (OCEAC/ CEMAC/UEMOA…) ont été présentées. Elles concourent toutes, sur fond de volonté politique, à mettre en œuvre, au niveau sous régional, un plan d’action visant principalement à l’harmonisation des réglementations pharmaceutiques adaptées au nécessaire contrôle de la qualité de la chaine du médicament. 

Dans ces projets stratégiques longs et difficiles, la coopération multi-métiers et la formation de compétences professionnelles restent les pierres angulaires des actions envisagées.

Dans ce contexte ambitieux et structuré, les actions de la Fondation doivent s’inscrire dans le souci de l’utilité locale et des savoir-faire historiques développés. L’aide à la formation des compétences professionnelles nationales, au sens large, constitue le chemin que la Fondation, dans le domaine du médicament, a toujours privilégié et continuera de pratiquer à l’avenir. C’est dans cette philosophie d’action qu’elle inscrit ses programmes de formation en Asie du Sud-Est et en Afrique. 

Par ailleurs, la Fondation restera attentive à tout projet pragmatique d’intervention locale contribuant à une meilleure connaissance, au renforcement de la sensibilisation et à toute amélioration de la chaine du médicament.

La vidéo intégrale de la conférence est disponible ci-dessous.

En savoir plus sur les programmes de formation de la Fondation Pierre Fabre.

Télécharger le communiqué de presse de la Fondation - pdf - 284.15 Ko

La conférence en images

La conférence en 2 minutes

Accueil de Béatrice Garrette

Introduction du Pr Marc Gentilini

Pr Amor Toumi - Organisation du système pharmaceutique en Afrique

Wilfrid Rogé - Initiatives répressives et/ou juridiques développées en Afrique

Dr Aimé Djitafo-Fah - Actions en Afrique Centrale

Pr Anglade Malan - Perspectives de développement du secteur pharmaceutique de Côte d’Ivoire

Carine Baxerres - Les enjeux de la globalisation du médicament à l’échelle locale

Dr Bwemba Thérèse Abong - Lutte contre la falsification du médicament au Cameroun

Cyril Dumet - La technologie au service de la sécurité du Médicament

Table ronde - Formation des professionnels en Asie : quelles compétences pour quels besoins ?

Jean-Paul Caubère - Clôture de la Conférence